Discographie

Critique ***** du BBC magasine mai 2019

« Ce quatuor, instruit et informé des pratiques historiques, privilégie le son sombre régulièrement réchauffé par du vibrato, un vibrato serré, presque à l’ancienne, qui me bouleverse et dont le son est limpide. »
« On trouve la valse capriccio moqueuse et sarcastique de Weinberg, interprétée de façon imaginative et acérée. »

Natasha Loges


capriccios

ACHAT NUMERIQUE
22 FEVRIER 2019

ACHAT DISQUE
15 MARS 2019

Orchid Classics, 2019
Quatuor Capriccio : Robert FOKKENS,  » Le Hérisson Interrompant « 
Extrait de CAPRICCIOS, Orchid Classics, 2019

Prima la musica ?

Cette question parfaitement futile posée comme problématique principale du dernier opéra de Richard STRAUSS, alors même que le second conflit mondial faisait rage, nous fait nous interroger : est-ce notre faculté de nous évader par l’esprit, de nous extraire de nos vies par l’onirisme, de prendre un recul souvent salutaire sur la réalité qui fait de nous des êtres humains, nous lie et peut-être même nous a fait inventer la civilisation ? Le salut de l’humanité dans la poésie des choses sans importance ? Et pourquoi pas ?

Ce désir immanent de liberté poétique peut sembler de prime abord quelque peu antithétique avec la vocation même du concert de musique de chambre, forme imposée, cristallisée après deux siècles d’évolution. Réinventer le concert par le partage, en réintroduisant la parole (Richard STRAUSS en prendrait-il ombrage ?), la narration, l’explication parfois, comme dans les salons de musique d’autrefois. Faire intervenir d’autres modes d’expression artistique et en les mêlant, apporter des connexions nouvelles, définir de nouveaux horizons…

Si Nicolo PAGANINI nous a fait assimiler pour un temps le Capriccio comme une forme libre, dénuée de contraintes académiques, il y a adjoint dans l’inconscient collectif l’idée de virtuosité redoutable, de gageure technique et de démonstration presque sur-réelle poussant l’instrument dans des retranchements inconnus jusqu’alors. Son génie instrumental a presque pu faire oublier que le Capriccio existait avant lui et qu’il pouvait exprimer avant tout la disposition de l’esprit à des enthousiasmes passagers, à des changements brusques dans l’humeur, les résolutions ou les sentiments.

Telle était donc l’idée simple et évidente de notre Quatuor Capriccio : réunir sur un même disque des compositeurs de siècles et de cultures différentes, depuis les débuts du quatuor à cordes (les 6 quatuors de l’opus 20 de HAYDN sont les premiers qu’il nomme « Quartetti », et non plus « Divertimenti ») jusqu’à nos jours, avec la création d’un compositeur actuel, Robert FOKKENS. Certains compositeurs de ce disque sont célèbres, d’autres plus confidentiels et ce florilège nous a permis l’expression d’une palette d’humeurs et de sentiments aussi riche et variée que possible. Il s’agit moins de faire une somme exhaustive de tous les « Caprices » existants pour cette formation que de proposer un voyage merveilleux au pays de la fantaisie créatrice.

Quatuor Capriccio
Cécile AGATOR et Juan Fermin CIRIACO, violons
Flore-Anne BROSSEAU, alto
Samuel ETIENNE, violoncelle
avec la participation de :
Gérard CAUSSE, alto
Yan LEVIONNOIS, violoncelle

Un disque Orchid Classics.